Je marchais dans les rues, accrochée à son bras et je lui parlais de tout et de rien. Il écoutait, riait et agrémentait mes mots de sa voix magnifique. Je m’émerveillais pour rien, devant les fleurs, le ciel et ses nuages parsemés avec virtuosité, les sourires des forains, les enfants qui couraient partout et même devant un ballon de basket.
Il affichait un sourire fier quand ses amis lui disaient qu’ils avaient une princesse au bras, quand les musiciens chantaient « pour la belle brune au cœur rouge », quand on m’offrait des fleurs même si « elles paraissent fades à côté de vous » mais surtout quand tout le monde se retournait sur notre passage. Je souriais, heureuse et légère à en mourir, et je me serrais un peu plus fort contre lui comme une chose fragile, délicate qui demandait une tendresse infinie.
Et quand les arbres nous entouraient, je chantais L’air du vent en dansant à travers les feuilles et il me prenait la main quand il sentait que j’avais le tournis. Des fois, il chantait avec moi en me caressant les cheveux.
Mais dans ses bras, pendant qu’on regardait des Walt Disney, je pensais à Lui*, ses câlins et ses fesses magnifiques.
Sourire.
Inaccessible mais tellement charmant. J’en aurais pleuré si Grégory n’avait pas été là pour me dire que tout allait bien. Alors, j’ai attendu et j’ai pleuré quand le lion est mort, quand Aladdin et Yasmine chantaient Ce rêve bleu, quand la petite sirène s’est fait enlever sa voix et aussi quand Pocahontas chantait. J’étais transporté, ailleurs et je retombais dans mon enfance, quand je ne dépassais pas encore le mètre et que je ne pensais qu’à me disputer avec mon frère. L’époque où rien n’avait d’importance.
Mais c'est bête, j'ai oublié mon appareil photo.




